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mercredi 25 janvier 2012

Le Sommet des Dieux - Baku et Taniguchi

Adaptation en 5 tomes du roman japonais «Le Sommet des Dieux» de Yomemakura Baku, dessins de Jirô Taniguchi, grand nom du manga. Paris, Kana, 2004.

Katmandou, Népal, 1993.
Fukamachi Makoto, photographe alpiniste, pense avoir retrouvé l'appareil photo de George Mallory, disparu avec son compagnon Andrew Irvine lors de la phase finale de l'ascension de l'Everest en 1924. D'une grande valeur historique, cet appareil permettrait de savoir s'ils ont été les premiers à atteindre le toit du monde, vingt-neuf ans avant Edmund Hillary et Tensing Norgay.


Malheureusement, Fukamachi se fait voler l'appareil. Il rencontre alors Habu Jôji, alpiniste japonais solitaire au talent et à la détermination hors norme. Leurs vies vont désormais être liées.


Enquêtant sur les exploits et les motivations de Habu Jôji, Fukamachi nous fait vibrer au rythme du halètement des hommes, des ancrages de piolets et des morçures du vent. Pour ma part, je me suis sentie suspendue aux pages comme à une corde.
Ce roman permet aussi de mieux comprendre les motivations des grands alpinistes : à cette rage de vaincre s'ajoute une soif à jamais inassouvie d'intensité, d'absolu et de pureté.


Largement inspiré des exploits de Hasegawa Tsunéo, alpiniste japonais, deuxième à avoir réalisé la trilogie hivernale solitaire des trois grandes faces nord des Alpes : Cervin (1977), Eiger (1978) et pointe Walker des Grandes Jorasses (1979), derrière le guide français Ivano Ghirardini, ainsi que la première hivernale solitaire de la voie Schmid (Cervin), victime d'une avalanche dans l'Himalaya à 44 ans.

lundi 7 novembre 2011

Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson











=> Pourquoi ce livre a sa place dans notre bibliothèque :

Toute proportion gardée, beaucoup d'éléments constitutifs de ce récit font écho avec notre village et sa région,
- le lac, la vie des glaces du lac Baïkal réveille en nous les bruits sourds et les craquements du Lac de Joux gelé,
- la forêt, avec ses lynx, ses loups, ses ours (qu'il faut tout de même aller chercher au Juraparc !),
- les sommets dévoilant des panoramas à couper le souffle,
- et enfin la démarche volontaire de s'isoler dans une cabane, avec comme objectif de se recentrer sur l'essentiel et de favoriser l'écriture, ce qui ne peut qu'évoquer le projet de la Maison de l’Écriture actuellement en construction dans le village.
Et puis, n'a-t-on pas notre Sibérie Suisse ?










=> Pourquoi ce livre a sa place sur votre table de chevet :
Pour partager au jour le jour l'expérience réelle de Sylvain Tesson, qui décide de s'extraire pour six mois du fourmillement du monde superficiel qu'il occupe habituellement. Son isba est un cube de rondins de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte, à cinq jour de marche du premier village. Libéré d'une forme de matérialisme, il en revient aux fondamentaux, couper du bois pour se chauffer, pêcher des poissons pour se nourrir, y trouve un équilibre. En possession du temps qui passe, il adopte alors une attitude de contemplation, d'empathie puis de véritable osmose avec la nature.

Solitude, espace et silence ... un luxe à notre époque.
Ajoutez vodka, cigares et livres (en quantité et qualité) ...
le bonheur est tout proche.

"Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois,
rien ne sera tout à fait perdu."

mercredi 26 octobre 2011

1Q84 - Haruki Murakami

Japon, 1984.
Tengo et Aomamé, bientôt 30 ans, vivent en parallèle des vies vides de sens : une enfance triste, des vies amoureuses complexes, l'une tueuse à gage pour le compte d'une vieille dame et l'autre, professeur de mathématiques, qui s'essaie à l'écriture de romans pour le compte d'un éditeur autoritaire. Un jour cependant, ils basculent en 1Q84. Tout n'est qu'imperceptiblement différent au début, mais en fait tout est différent. Prisonniers de cette nouvelle réalité, leurs destins, qui se sont déjà croisés une fois, tendent désormais inéluctablement vers leur réunion. Mais quelles sont les forces en puissance et à quel dessein ? Quels sont leurs rôles respectifs ? A découvrir dans les deux premiers livres de 1Q84, de Haruki Murakami, cristallisés autour des thèmes de l'amour, de la religion et de l'histoire.

Pour ma part, j'ai vraiment apprécié comment le récit nous fait glisser dans un monde fantastique. Les personnages sont très fouillés, les détails ont leur importance, les répétitions viennent à chaque fois ajouter minutieusement une pièce au puzzle, pour guider lentement l'intuition du lecteur, l'intrigue monte à chaque alternance des récits. On a vraiment envie de connaître la suite (bien que le teasing à la fin du livre 2 soit un peu gros ...). Pour cela, il faudra attendre le livre 3 en 2012 !!

Ce roman m'a évoqué les films Dark City, pour l'amour qui perdure même après la réécriture d'un monde fictif, et Matrix, pour les distorsions de la réalité, mais sans technologie. Ajoutons le roman Millénium de Stieg Larsson, pour le caractère de Maomamé, froid et professionnel, agissant dans l'ombre pour faire justice soi-même contre les violences faites aux femmes. Enfin, les "Little people" m'ont malheureusement fait penser aux figurines de Fisher-Price (avis aux parents de jeunes enfants !!), trop sympathiques pour des "Big brother"...
sans compter les nombreuses références à 1984 de George Orwell et au conte d'Alice au pays des merveilles.

Extraits :
- "Monsieur Komatsu, quand on est assis dans un avion qui s'écrase, on a beau attacher sa ceinture, ça ne sert à rien."
- "Mais ça vous calme."
livre 1, p.523

- "Dépouiller l'Histoire de sa vérité, c'est comme dépouiller quelqu'un d'une partie de sa personnalité. C'est un crime."
livre 1, p.444

- "L'essentiel est que soit préservé un équilibre dans le balancement incessant du bien et du mal. Si l'un des deux va trop loin, il devient difficile de maintenir une morale réaliste. L'équilibre est en soi le bien."
livre 2, p.260

Et en musique ... attention aux distorsions !



dimanche 26 septembre 2010

La Parfum - Patrick Süskind


Jean-Baptiste Grenouille naquit parmi les entrailles de poissons sous un essaim de mouches, dans la puanteur suffocante d'un marché parisien du XVIIIe siècle. Son enfance n'est alors que maux et souffrances, auxquels, extraordinairement, il survécut. Doté d'un odorat exceptionnel, il se construira alors un parcours aussi improbable qu'abominable au royaume évanescent des odeurs.

Tout d'abord à Paris, dans ses rues aux milles odeurs, qu'il dissèque, s'approprie mentalement, recense et commence à associer.
Puis auprès de Baldini, grand maître parfumeur et gantier, dont il acquiert le savoir avec aisance et surpasse avec génie.
Et puis il y a cette odeur, la plus sublime de toutes, qu'il rencontre à Paris, dont il rêve d'en posséder l'ultime extrait et dont il soupçonne le pouvoir. Il décide alors de partir à Grasse, pour apprendre toutes les techniques d'extraction des odeurs et réussir à extraire la quintessence de l'être humain.

















En chemin, il se découvre différent, sans reconnaissance de ses pairs ni aucun sentiment d'appartenance. Il dévoile alors sa haine des hommes, son mépris de leurs faiblesses, de leur asservissement à leurs sens et comprend l'ampleur du pouvoir qu'il possède.
C'est enfin à Grasse qu'il mettra en œuvre son abominable dessein.

Terrible voyage olfactif proposé par Patrick Süskind, des pires puanteurs du cimetière des innocents, aux plus merveilleuses senteurs des champs de fleurs grassois,

dans lequel je ne peux que vous conseiller de plonger votre nez !

vendredi 18 juin 2010

Le Pingouin - Kourkov

Dans l'ex-Union soviétique, un journaliste raté trouve un équilibre illusoire entre un travail lucratif, dont il préfère ignorer les implications mafieuses, et une famille recomposée autour d'un pingouin dépressif.
Écrire sur commande des nécrologies de "gros bonnets" encore en vie et se rendre compte qu'ils meurent par la suite de façon systématique. Être ensuite convié aux cérémonies funéraires avec son pingouin comme faire-valoir.


Une vie morne qui s'intensifie au rythme de pactes muets scellés par quelques grammes de vodka. Victor Zolotarev s'enfonce dans un monde sans règle, pour sa survie et celle de ses proches. De quoi rêver d'une datcha et d'Antarctique.