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Espace de partage de nos lectures. N'hésitez pas à nous laisser des commentaires.
Votre équipe : Claire-Lise, Élisabeth, Sylvette, Catherine, Leïla et Delphine.

lundi 7 novembre 2011

Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson











=> Pourquoi ce livre a sa place dans notre bibliothèque :

Toute proportion gardée, beaucoup d'éléments constitutifs de ce récit font écho avec notre village et sa région,
- le lac, la vie des glaces du lac Baïkal réveille en nous les bruits sourds et les craquements du Lac de Joux gelé,
- la forêt, avec ses lynx, ses loups, ses ours (qu'il faut tout de même aller chercher au Juraparc !),
- les sommets dévoilant des panoramas à couper le souffle,
- et enfin la démarche volontaire de s'isoler dans une cabane, avec comme objectif de se recentrer sur l'essentiel et de favoriser l'écriture, ce qui ne peut qu'évoquer le projet de la Maison de l’Écriture actuellement en construction dans le village.
Et puis, n'a-t-on pas notre Sibérie Suisse ?










=> Pourquoi ce livre a sa place sur votre table de chevet :
Pour partager au jour le jour l'expérience réelle de Sylvain Tesson, qui décide de s'extraire pour six mois du fourmillement du monde superficiel qu'il occupe habituellement. Son isba est un cube de rondins de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte, à cinq jour de marche du premier village. Libéré d'une forme de matérialisme, il en revient aux fondamentaux, couper du bois pour se chauffer, pêcher des poissons pour se nourrir, y trouve un équilibre. En possession du temps qui passe, il adopte alors une attitude de contemplation, d'empathie puis de véritable osmose avec la nature.

Solitude, espace et silence ... un luxe à notre époque.
Ajoutez vodka, cigares et livres (en quantité et qualité) ...
le bonheur est tout proche.

"Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois,
rien ne sera tout à fait perdu."

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

Quel regard intéressant sur la place des bonnes dans le Mississippi des années 60 alors que ce sont les lois raciales qui font autorité !

Quelle diversité de regards sur cette situation ! Toute une palette de "couleur des sentiments" que le vécu soit celui d'une personne noire ou celui d'une personne blanche!

Quelle belle histoire d'amitié et de courage de cette jeune femme blanche, Skeeter Phelan, et des deux bonnes noires, Aibileen et Minny ! Ensemble, elles unissent leurs forces pour raconter ce qu'il se passe vraiment dans les différentes familles bourgeoises de Jackson.

Kathryn Stockett qui signe ce roman a grandi à Jackson.

" C'est ça qui est bien avec Aibileen, elle prend les choses les plus compliquées et en un rien de temps elle vous les arrange et vous les simplifie tellement que vous pouvez les mettre dans votre poche."

mercredi 26 octobre 2011

1Q84 - Haruki Murakami

Japon, 1984.
Tengo et Aomamé, bientôt 30 ans, vivent en parallèle des vies vides de sens : une enfance triste, des vies amoureuses complexes, l'une tueuse à gage pour le compte d'une vieille dame et l'autre, professeur de mathématiques, qui s'essaie à l'écriture de romans pour le compte d'un éditeur autoritaire. Un jour cependant, ils basculent en 1Q84. Tout n'est qu'imperceptiblement différent au début, mais en fait tout est différent. Prisonniers de cette nouvelle réalité, leurs destins, qui se sont déjà croisés une fois, tendent désormais inéluctablement vers leur réunion. Mais quelles sont les forces en puissance et à quel dessein ? Quels sont leurs rôles respectifs ? A découvrir dans les deux premiers livres de 1Q84, de Haruki Murakami, cristallisés autour des thèmes de l'amour, de la religion et de l'histoire.

Pour ma part, j'ai vraiment apprécié comment le récit nous fait glisser dans un monde fantastique. Les personnages sont très fouillés, les détails ont leur importance, les répétitions viennent à chaque fois ajouter minutieusement une pièce au puzzle, pour guider lentement l'intuition du lecteur, l'intrigue monte à chaque alternance des récits. On a vraiment envie de connaître la suite (bien que le teasing à la fin du livre 2 soit un peu gros ...). Pour cela, il faudra attendre le livre 3 en 2012 !!

Ce roman m'a évoqué les films Dark City, pour l'amour qui perdure même après la réécriture d'un monde fictif, et Matrix, pour les distorsions de la réalité, mais sans technologie. Ajoutons le roman Millénium de Stieg Larsson, pour le caractère de Maomamé, froid et professionnel, agissant dans l'ombre pour faire justice soi-même contre les violences faites aux femmes. Enfin, les "Little people" m'ont malheureusement fait penser aux figurines de Fisher-Price (avis aux parents de jeunes enfants !!), trop sympathiques pour des "Big brother"...
sans compter les nombreuses références à 1984 de George Orwell et au conte d'Alice au pays des merveilles.

Extraits :
- "Monsieur Komatsu, quand on est assis dans un avion qui s'écrase, on a beau attacher sa ceinture, ça ne sert à rien."
- "Mais ça vous calme."
livre 1, p.523

- "Dépouiller l'Histoire de sa vérité, c'est comme dépouiller quelqu'un d'une partie de sa personnalité. C'est un crime."
livre 1, p.444

- "L'essentiel est que soit préservé un équilibre dans le balancement incessant du bien et du mal. Si l'un des deux va trop loin, il devient difficile de maintenir une morale réaliste. L'équilibre est en soi le bien."
livre 2, p.260

Et en musique ... attention aux distorsions !



lundi 23 mai 2011

Les Maîtres de l'Orge

"Les Maîtres de l'Orge" de Jean Van Hamme et illustré par Francis Vallès.
C'est l'histoire de la famille Steenford racontée sur plusieurs générations. Chacun des tomes suit un personnage à un moment clef de sa vie. Tout au long de l'histoire, on voit l'évolution de la brasserie Steenford avec, en arrière-plan, des événements historico-économiques (des années 1850 aux années 2000). La brasserie familiale belge de Dorp est devenue un empire international de production et de vente de bières.
Jean Van Hamne est aussi l'auteur de XIII, Thorgal et de Largo Winch.

dimanche 22 mai 2011

Et si c'était vrai... de Marc Lévy


Suite à un accident de voiture, Lauren est dans le coma… cela n'empêche pas Arthur, son sous-locataire, de la rencontrer!! Un récit invraisemblable entre deux êtres qui ne peuvent pas se toucher mais qui partagent des moments intenses.

C'est aussi une belle histoire d'amitié entre Arthur et son ami PPP (Psychiatre Personnel Portable) qui ne comprend pas tout de la rencontre incroyable et… improbable… entre Lauren et Arthur.

Et si c'était vrai ?


J'ai beaucoup aimé lire ce livre : les dialogues m'ont fait rire et les moments partagés sont beaux!


Voici quelques extraits qui, peut-être, vous feront envie :


"Identifier le bonheur lorsqu'il est à ses pieds, avoir le courage et la détermination de se baisser pour le prendre dans ses bras… et le garder. C'est l'intelligence du cœur. L'intelligence sans celle du cœur ce n'est que de la logique et ça n'est pas grand-chose."


"Personne n'est propriétaire du bonheur, on a parfois la chance d'avoir un bail, et d'en être locataire. Il faut être très régulier sur le paiement de ses loyers, on se fait exproprier très vite."


"- Tu as eu beaucoup de femmes dans ta vie ? demanda-t-elle sans lever la tête.

- Quand on aime, on ne compte pas !"


"Chacun son monde, tu sais ! Le tout c'est de planter ses racines dans la terre qui nous convient."


"L'amour est aveugle et lui passe son temps à prendre des coups de canne blanche sur la tête, alors à force, ça finit par l'esquinter !"


lundi 22 novembre 2010

Les Chroniques d'Alvin le faiseur: le septième fils d'Orson Scott Car

LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR: LE SEPTIÈME FILS.

Le premier tome de cette saga - formidable autant par le contenu que par le nombre de volumes - nous ouvre la porte sur la construction d'une Amérique rurale au début du 19eme siècle. A travers nos souvenirs d'écoliers européens, nous connaissons plus ou moins bien cette période, que l' auteur a un peu "décalée", si bien que nous nous demandons sans arrêt: "mais ceci, est-ce sorti d'un livre d'histoire ou de l'imagination de l'écrivain?". Premier froissement, première hésitation.
Tous les personnages du livre ont un "talent" bien particulier, quelquefois très banal comme cuisiner à merveille ou forger - "talents" dont nous sommes également pourvus, mais qui ne font pas de nous pour autant des êtres d'exception. Deuxième froissement, deuxième hésitation.
Et puis il y a ceux qui acceptent le don de leur talent et vivent avec en harmonie et ceux qui le chassent comme venu tout droit de l'enfer, pensant que les "talents" sont l'œuvre du diable, qui tente par là les hommes et les détourne du sacrosaint labeur. Troisième frémissement troisième hésitation.
On se retrouve dans cet imaginaire pourtant sans vraiment y être. En étant pareils à nous, les personnages sont si différends dans leurs moyens et intentions à cause de ces talents. Les "talents" eux sont simples - ce qui les rends crédibles et reposants - et tournent autour des quatre éléments: le feu, l'air, la terre et l'eau. Dans cette magie quotidienne les forces du bien et du mal s'affrontent. D'abord entre individus puis entre ethnies ou nationalités. On se dirige enfin vers un monde de paix, grâce à la présence du septième fis, le faiseur. Cela se fera lentement à travers les écueils que cette histoire - d'une réalité à peine différente et pourtant si éloignée de la nôtre - ne manquera pas de dresser en travers du chemin de nos héros.
Pour cela il faudra attendre le quatrième tome de cette saga bucolique, de lecture simple et attachante.

jeudi 28 octobre 2010

Shashi Tharoor ; Le grand roman indien, Paris, Seuil, 1993, trad de l’anglais par Christiane Besse

A celles et ceux qui aiment se laisser entrainer dans une grande saga, indienne celle-ci, le roman de Shashi Tharoor offrira de nombreuses satisfactions : une immense épopée, une multitude de héros cherchant à piéger leurs concurrents, à avancer leurs pions, à défendre leur tradition et leur identité, tout cela sur une arrière-fonds d’émotions, de mœurs, de rituels et d’épices de l’Inde éternelle.

A celles et ceux qu’intéresse l’histoire indienne, en particulier de la fin la colonisation britannique aux premières décennies de l’indépendance, l’ouvrage va offrir une connaissance intime, de l’intérieur, suivant les acteurs : Gandhi, Nehru, Jinnah, Indira, et bien d’autres passent par là, sous des pseudonymes.

C’est toute la magie de cet ouvrage, à la fois saga et analyse fine : une histoire en épopée. Ecrit par un diplomate de haut vol et un fin connaisseur de son pays, capable d’en sourire, et de nous le faire aimer. Le grand roman indien nourrit une lecture joyeuse, goûteuse. Avec en plus, une excellente traduction. Le grand Roman Indien doit son titre non pas à l'évaluation que l'auteur fait de son contenu mais à un hommage rendu ici à sa source première d'inspiration, l'ancien poème épique du Mahabharata, ou grand pour maha et Inde(du nord) pour Bharata.

Bon pour l’hiver !

dimanche 26 septembre 2010

La Parfum - Patrick Süskind


Jean-Baptiste Grenouille naquit parmi les entrailles de poissons sous un essaim de mouches, dans la puanteur suffocante d'un marché parisien du XVIIIe siècle. Son enfance n'est alors que maux et souffrances, auxquels, extraordinairement, il survécut. Doté d'un odorat exceptionnel, il se construira alors un parcours aussi improbable qu'abominable au royaume évanescent des odeurs.

Tout d'abord à Paris, dans ses rues aux milles odeurs, qu'il dissèque, s'approprie mentalement, recense et commence à associer.
Puis auprès de Baldini, grand maître parfumeur et gantier, dont il acquiert le savoir avec aisance et surpasse avec génie.
Et puis il y a cette odeur, la plus sublime de toutes, qu'il rencontre à Paris, dont il rêve d'en posséder l'ultime extrait et dont il soupçonne le pouvoir. Il décide alors de partir à Grasse, pour apprendre toutes les techniques d'extraction des odeurs et réussir à extraire la quintessence de l'être humain.

















En chemin, il se découvre différent, sans reconnaissance de ses pairs ni aucun sentiment d'appartenance. Il dévoile alors sa haine des hommes, son mépris de leurs faiblesses, de leur asservissement à leurs sens et comprend l'ampleur du pouvoir qu'il possède.
C'est enfin à Grasse qu'il mettra en œuvre son abominable dessein.

Terrible voyage olfactif proposé par Patrick Süskind, des pires puanteurs du cimetière des innocents, aux plus merveilleuses senteurs des champs de fleurs grassois,

dans lequel je ne peux que vous conseiller de plonger votre nez !

mardi 31 août 2010

BD Quelques jours ensemble



Xavier, homme égoïste, découvre qu' Evelyne lui a caché 2 choses: qu'elle était mourante et qu'ils avaient eu un fils ensemble. Xavier découvre que son fils est atteint de progéria, et cette rencontre va remettre sa vie en question.

Une BD bouleversante qui, personnellement, m'a fait pleurer. Très bonne BD avec de bons dessins.

Catherine

samedi 26 juin 2010

La maîtresse des epices - Divakaruni



Chitra Banerjee DIVAKARUNI

La Maîtresse des épices.
Traduit par
Marie-Odile Probst. Editions : Picquier

Dans une prose imagée et parfumée aux milles saveurs, ce roman se lit comme un conte délicieux où se mêlent la magie et une sorcellerie épicée d'amour. Les grains compact et drus du Fénugrec, durs comme des cailloux, reposent au creux de ma paume, couleur de sable au fond d’une vieille crique. Mettez-les à tremper, ils disparaîtront.

Mâchez les grains gonflés et savourez-en l’âpre douceur. Goût des plantes aquatiques récoltées dans un endroit sauvage, cri d’oies cendrées. Le Fénugrec est l’épice du mardi, quand l’air est vert comme des mousses d’après la pluie. Epice des jours où j’ai envie de rester sous une couette cousue de feuilles de Pippal et de raconter des histoires comme j’avais coutume de le faire sur l’île. Si ce n’est qu’ici, il n’y a personne pour m’écouter.

Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, « Tilo » est maîtresse dans l'art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de " Première mère " sur une île secrète de sa terre natale, l'Inde, au prix de l'obéissance à des règles strictes et dans le respect du service et de la dévotion. C'est ainsi que dans ce quartier d'immigrés d'Oakland, en Californie, elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l'épice-racine, clef intime qui restaure l'équilibre du corps et de l'âme.Roman troublant et poétique, hésitant entre le conte fantastique et le mélo, la Maîtresse des Épices est un récit envoûtant et exotique. La force de la cannelle, la perfidie du cumin noir et l’âpre douceur du fenugrec nous émerveillent et nous entraînent dans un kaléidoscope de goûts, de saveurs et d’odeurs. Loin de la tristesse de nos épices desséchées, celles de Tilo ont une âme, une susceptibilité qui impose de les traiter avec respect, sinon, gare à nous !!!!.