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jeudi 28 octobre 2010

Shashi Tharoor ; Le grand roman indien, Paris, Seuil, 1993, trad de l’anglais par Christiane Besse

A celles et ceux qui aiment se laisser entrainer dans une grande saga, indienne celle-ci, le roman de Shashi Tharoor offrira de nombreuses satisfactions : une immense épopée, une multitude de héros cherchant à piéger leurs concurrents, à avancer leurs pions, à défendre leur tradition et leur identité, tout cela sur une arrière-fonds d’émotions, de mœurs, de rituels et d’épices de l’Inde éternelle.

A celles et ceux qu’intéresse l’histoire indienne, en particulier de la fin la colonisation britannique aux premières décennies de l’indépendance, l’ouvrage va offrir une connaissance intime, de l’intérieur, suivant les acteurs : Gandhi, Nehru, Jinnah, Indira, et bien d’autres passent par là, sous des pseudonymes.

C’est toute la magie de cet ouvrage, à la fois saga et analyse fine : une histoire en épopée. Ecrit par un diplomate de haut vol et un fin connaisseur de son pays, capable d’en sourire, et de nous le faire aimer. Le grand roman indien nourrit une lecture joyeuse, goûteuse. Avec en plus, une excellente traduction. Le grand Roman Indien doit son titre non pas à l'évaluation que l'auteur fait de son contenu mais à un hommage rendu ici à sa source première d'inspiration, l'ancien poème épique du Mahabharata, ou grand pour maha et Inde(du nord) pour Bharata.

Bon pour l’hiver !

samedi 26 juin 2010

La maîtresse des epices - Divakaruni



Chitra Banerjee DIVAKARUNI

La Maîtresse des épices.
Traduit par
Marie-Odile Probst. Editions : Picquier

Dans une prose imagée et parfumée aux milles saveurs, ce roman se lit comme un conte délicieux où se mêlent la magie et une sorcellerie épicée d'amour. Les grains compact et drus du Fénugrec, durs comme des cailloux, reposent au creux de ma paume, couleur de sable au fond d’une vieille crique. Mettez-les à tremper, ils disparaîtront.

Mâchez les grains gonflés et savourez-en l’âpre douceur. Goût des plantes aquatiques récoltées dans un endroit sauvage, cri d’oies cendrées. Le Fénugrec est l’épice du mardi, quand l’air est vert comme des mousses d’après la pluie. Epice des jours où j’ai envie de rester sous une couette cousue de feuilles de Pippal et de raconter des histoires comme j’avais coutume de le faire sur l’île. Si ce n’est qu’ici, il n’y a personne pour m’écouter.

Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, « Tilo » est maîtresse dans l'art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de " Première mère " sur une île secrète de sa terre natale, l'Inde, au prix de l'obéissance à des règles strictes et dans le respect du service et de la dévotion. C'est ainsi que dans ce quartier d'immigrés d'Oakland, en Californie, elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l'épice-racine, clef intime qui restaure l'équilibre du corps et de l'âme.Roman troublant et poétique, hésitant entre le conte fantastique et le mélo, la Maîtresse des Épices est un récit envoûtant et exotique. La force de la cannelle, la perfidie du cumin noir et l’âpre douceur du fenugrec nous émerveillent et nous entraînent dans un kaléidoscope de goûts, de saveurs et d’odeurs. Loin de la tristesse de nos épices desséchées, celles de Tilo ont une âme, une susceptibilité qui impose de les traiter avec respect, sinon, gare à nous !!!!.